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Le témoignage poignant de Loris

Découvrez son incroyable parcours, marqué par la résilience et une renaissance inattendue.

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Loris Pinton vivait à Lausanne, dans un petit appartement du centre-ville. Entre son lit et sa cuisine trônait un ordinateur allumé, pilier central de sa nouvelle vie.

Il y a dix-sept ans, cet ancien maçon avait été victime d’un grave accident de voiture qui lui avait irrémédiablement sectionné la colonne vertébrale. Après 37 ans de vie active, ce père de famille s’était retrouvé dans le coma pendant deux mois et demi. À son réveil au Centre Suisse de Paraplégiques de Nottwil, le verdict avait été sans appel : il ne quitterait plus son fauteuil roulant…

Une nouvelle histoire a alors commencé…

Un article de Natalia Mottier · 17 août 2024 • Initialement publié en 2017

Loris Un témoignage poignant Tutovidéo easyswap

• Loris, comment vous êtes-vous retrouvé dans ce fauteuil?

«L’accident s’est produit le 17 avril 2007 vers 21h. A 2km de chez moi. J’ai été héliporté à Nottwil, dans l’un des meilleurs centres pour paraplégiques du monde. Là-bas, l’équipe a tout fait pour moi. Je me suis réveillé après deux mois et demi de coma. Cela a été comme une deuxième naissance. Quand je suis rentré chez moi, rien n’allait plus. Incapable de marcher et de courir, j’ai dû quitter le domicile conjugal pour retourner chez ma mère et divorcer peu de temps après. J’ai ensuite vécu 5 ans dans un foyer avec des gens qui traversaient la même épreuve que moi. Seul, abattu et sans intimité, je ne m’y suis jamais senti à ma place. Ni dans mon cœur, ni dans mon âme. J’ai tout perdu le jour de cet accident. J’étais malheureux et j’avais envie de mourir.»

• Qu’est-ce qui vous a aidé à reprendre goût à la vie?

«Grâce à Dieu, j’ai trouvé cet appartement dans lequel je suis libre désormais. Et grâce à Pierre-Yves (ndlr: formateur easyswap) j’ai repris ma vie. Je peux enfin aller de l’avant. Je ne suis pas très doué avec l’informatique, et les séquelles d’un long coma n’aident pas pour la mémoire. J’apprends lentement, je vis dans ma chambre, je me sens en dehors du monde, mais grâce à l’ordinateur et à ce que j’apprends lors de mes cours d’informatique à domicile, je suis maintenant en lien avec l’extérieur. Grâce à Facebook, j’ai des échanges presque quotidiens avec mon fils, qui a aujourd’hui 18 ans et qui vit loin de chez moi.

En rencontrant Pierre-Yves, j’ai trouvé une oreille attentive, une réelle écoute. Il a compris mon histoire, il m’a sorti de ma solitude et de mon marasme. Sans lui, je ne serais pas si heureux: il m’a redonné de l’espoir. Je suis reconnaissant. C’est rassurant de savoir que je peux compter sur lui et sur ses connaissances. Désormais, vivre sans ordinateur serait encore pire que vivre sans mes jambes, sans mes oreilles ou sans rien du tout.»

• Je crois savoir qu’une amie d’enfance a repris contact avec vous via Facebook. Avez-vous une bonne nouvelle à nous communiquer?
(Loris devient timide, baisse un peu la tête, sourit discrètement. Il semble se détendre et finit par répondre.) :

«Oui. Ma Julia* (ndlr: prénom d’emprunt). Cette fille, cette femme, qui m’a connu il y a trente ans, ma reconnu par hasard sur Facebook. Elle est venue me voir… Et une belle histoire a démarré 🙂 »

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Cet interview a été réalisé le 16 août 2017, dans le cadre du projet «Tutovidéo», une initiative de l’association «easyswap», en partenariat avec le service social de la Ville de Lausanne et de la Fondation Grumbach. Le projet visait à promouvoir l’inclusion sociale à travers l’enseignement des nouvelles technologies. Grâce à des cours informatiques gratuits dispensés à domicile, les personnes à mobilité réduite ont pu surmonter la barrière numérique, accéder plus facilement aux services en ligne, et maintenir des liens sociaux vitaux. Ces formations ont offert aux bénéficiaires une opportunité précieuse de reprendre en main leur quotidien, de rester connectés avec leurs proches, et de redécouvrir un sentiment d’indépendance.

C’est dans ce contexte, que le petit «miracle Loris» est survenu…